Les livres d'architecture
Auteur(s) | Besson, Jacques Béroalde de Verville, François Androuet du Cerceau, Jacques Boyvin, René |
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Titre | Theatrum instrumentorum et machinarum... cum Franc. Beroaldi figurarum declaratione demonstratiua... |
Adresse | Lyon, B. Vincent, 1578 |
Localisation | Washington, Smithsonian Institute Libraries |
Mots matière | Machines, Mathématiques |
Jacques Besson n’a pas donné de suite au Livre premier des instruments mathematiques et mechaniques , comme il l’avait annoncé. Sa mort survenue en 1573 interrompit ses projets. Un contrat passé le 20 octobre 1573 par Jean Lepreux, marchand libraire, promet à « Nicolle Dongnon veuve de Me Jacques Besson, en son vivant mathématicien du Roi, de l’amener avec ses cinq enfants et un paquet de hardes pesant cent livres » jusqu’à Lausanne ou Morgues. Dans ces hardes, sans doute, se trouvent les cuivres qui allaient servir à l’éditions du Théâtre publié en 1578 à Lyon chez Barthélémy Vincent, « avec l’interprétation des figures d’iceluy par François Beroald ». En fait, le livre fut édité à Genève par Jean de Laon et Claude Juge.
Le véritable succès de l’ouvrage commence avec cette publication posthume, augmentée par les commentaires de François Béroalde de Verville, complétés, dans les éditions suivantes latine et italienne de 1682 puis française de 1694, par Giulio Cesare Paschali. Barthélémy Vincent fit en 1578 trois tirages successifs de cette seconde édition, l’un avec le texte latin ici reproduit, un autre avec le texte français et enfin un avec un titre bilingue (latin/français) et texte français.
Les modifications successives du Théâtre ont été étudiées par Denise Hillard (1979). Retenons seulement ici la part décisive que Béroalde de Verville eut dans l’amélioration de l’ouvrage, par ses « déclarations » des machines et instruments présentés « sans lesquelles elles seraient à la vérité, comme un corps sans âme ». Mais il faut aussi rappeler le rôle de Claude Juge, sans le financement duquel le Théâtre n’aurait pas eu une aussi belle carrière en France comme à l’étranger, comme l’attestent ses éditions successives. Le Théatre de Besson est de tous les « théâtres de machines » celui qui connut le plus grand nombre de traductions et d’éditions, sans compter sa présence dans des recueils de machines du XVII e siècle, comme les Theatri machinarum de Heinrich Zeising (Altenburg, 1614), le Traité d’architecture manuscrit de Jacques Gentilhâtre (Paris, BnF, ms. fr. 14727), le Yuanxi Qiqi Tushuo Luzui de Wang Zheng (Yangzhou, 1627). A la fin de ce même XVII e siècle, en 1683, ses machines furent bien représentées dans une fameuse exposition de machines qui se tint rue de la Harpe à Paris.
Hélène Vérin (Cnrs, Paris) – 2008